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Vous faites quoi en mars ?
mardi 15 mars 2016
par Manu Guichardaz

Le mois de mars sera-t-il celui d’un réveil social débouchant sur de nouvelles conquêtes ? Pour l’heure, il s’agit déjà de s’opposer à un projet de loi dangereux pour les droits des salariés et notamment des jeunes, mais aussi d’obtenir des avancées sur les sujets que la FSU, notamment, a contribué à mettre en avant et qu’elle a inscrits dans son plan d’action adopté à l’issue du Congrès du Mans. Cependant, les divisions syndicales, les stratégies divergentes peuvent fragiliser ce mouvement. La FSU doit tout mettre en œuvre pour éviter ce piège.

Ce contexte de forte lutte sociale ne doit pas éclipser la dégradation de la situation internationale : les extrêmes droites obtiennent en Europe des résultats électoraux toujours en hausse, le terrorisme élargit ses champs de terreur, les interventions militaires des « puissances occidentales » restent inefficaces quand elles ne sont pas contestables, la situation des réfugiés est de plus en plus inacceptable. Les primaires aux Etats Unis se déroulent dans un climat délétère et de violence exacerbée par une droite de plus en plus revancharde. La FSU dans le cadre de ses responsabilités devra porter l’expression d’autres orientations pour un monde plus apaisé.

Loi « travail », non merci !

L’avant-projet de loi dite « travail » cristallise des mécontentements sociaux qui vont au-delà des seules atteintes – pourtant considérables – aux droits des salariés. En témoigne le succès sans précédent de la pétition lancée sur les réseaux sociaux, avec plus d’un million de signatures. La déclaration unitaire des organisations syndicale du 23 février, même si elle ne portait pas sur la totalité du projet de loi, était une première depuis bien longtemps. Elle a contribué, avec la forte mobilisation du 9 mar - alors même qu’aucun appel « franc » à la grève n’avait été lancé - à des premiers reculs du gouvernement. Cependant ces derniers restent insuffisants et la philosophie générale du texte, qui vise à affaiblir la législation du travail et la protection des salariés et à inverser la hiérarchie des normes n’est pas acceptable. La FSU doit continuer, aux côtés des salariés et des organisations de jeunesse, à demander son retrait et reprendre les discussions sur de toutes autres bases. Dans ce cadre, la mobilisation du 17 mars à l’appel des organisations de jeunes sera un nouveau signal à l’adresse du gouvernement. La FSU soutient ce mouvement, préparatoire à une grande mobilisation sociale le 31 mars, dans laquelle elle doit prendre toute sa part.

Retraités : améliorer les conditions de vie

Le 10 mars, les retraités étaient une nouvelle fois dans la rue pour manifester pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Là encore dans un contexte de division syndicale avec le départ du SE-UNSA de la FGR-FP, cette mobilisation était essentielle pour faire entendre les revendications de près de 20 % de la population.

L’état d’urgence ne peut être l’état permanent

On en oublierait presque que le gouvernement, malgré la forte contestation et surtout l’inutilité prouvée des mesures qu’il prône, poursuit sur sa lancée les politiques sécuritaires. La sortie de l’état d’urgence, le refus de la déchéance de la nationalité étaient au coeur des revendications du 12 mars. Dans le cadre du collectif « nous ne céderons pas », des rassemblements unitaires ont eu lieu un peu partout en France. La bataille de l’opinion, encore trop majoritairement acquise à ces mesures, doit se poursuivre. La FSU doit rechercher, dans des cadres qui permettent de rassembler le plus largement possible, les moyens de mener cette bataille : rédaction de fiches argumentaires, livre blanc, meeting, interpellations des parlementaires...

Un rendez-vous salarial pour 5 millions d’agents

La FSU, pendant la bataille autour des questions « PPCR » a arraché ce rendez-vous crucial pour les 5 millions d’agents publics. Elle a oeuvré pour qu’une intersyndicale large mette dans le paysage, pour la première fois dans cette configuration depuis longtemps, un mouvement de grève unitaire dans la Fonction publique le 22 mars. La forte couverture médiatique des mobilisations autour de la loi El Khomri, mais aussi les stratégies divergentes de nos partenaires syndicaux et les revirements de dernière minute font peser une menace sur le maintien de cette mobilisation sous cette forme. Nousne pouvons cependant faire passer à la trappe ce pourquoi nous nous sommes mobilisés depuis de nombreuses années : les personnels, s’ils sont à juste titre sensibles aux conséquences que peut avoir, à terme, une fragilisation du code du travail pour leur propre statut savent bien que leurs revendications ont plus de chance de se faire entendre dans un cadre spécifique. Nous devrons trouver, au cours de ce CDFN et en lien avec nos partenaires syndicaux, les moyens d’une expression forte et d’une mobilisation des agents autour du rendez-vous salarial : il en va de la crédibilité du mouvement syndical et des engagements que nous avons pris avec les personnels.

Collège, la lutte continue

Dans l’éducation, les mobilisations contre la réforme du collège continuent à se développer. Les enseignants convoqués dans des journées de formation indigentes, ou apparaissent bien l’impréparation des évolutions proposées et les objectifs réels de cette réforme, sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour une autre réforme. Le mouvement de contestation lancé par quelques sections départementales de la FCPE fait tache d’huile, et des perspectives de « collège mort » au début mai sont envisagées. Les syndicats du second degré de la FSU devront y prendre toute leur place dans le cadre de l’intersyndicale.


Un mouvement social inédit, avec des configurations unitaires différentes et des mobilisations sectorielles s’articulant avec des revendications plus générales sur les droits des salariés : ces mobilisations devraient agir en synergie, pour obtenir des avancées, comme le dégel du point d’indice, le recul de la précarité, de nouveaux droits pour tous... La FSU a un grand rôle à jouer dans la période. Elle a su créer des cadres unitaires les plus larges, qui sont les garants d’une mobilisation réussie. Ce travail doit se poursuivre !